[Critique ciné] Ma Loute, la liberté d'être ridicule

07/06/16 à 13:40 - Mise à jour à 08/06/16 à 11:24

Source: Focus Vif

COMÉDIE | Juliette Binoche campe une grande bourgeoise extravagante dans le film qui consacre ses retrouvailles avec Bruno Dumont.

[Critique ciné] Ma Loute, la liberté d'être ridicule

Ma Loute, de Bruno Dumont © DR

Balançant entre le burlesque et le grotesque, Ma Loute, le nouvel opus de Bruno Dumont, vient confirmer l'appel de comédie qu'exprimait déjà la mini-série P'tit Quinquin. Situé dans la baie de la Slack dans les années 1910, le film rejoue la lutte des classes par deux familles interposées: les Brufort, de frustes pécheurs du cru qui se révéleront aussi être des anthropophages, et les Van Peteghem, bourgeois consanguins décadents descendus dans leur villa du Typhonium pour leur villégiature estivale. Deux mondes que tout oppose, n'étaient les amours balbutiantes entre Ma Loute, fils des premiers, et Billie, enfant des seconds, une série de disparitions sur laquelle enquêtent deux policiers se la jouant Dupont et Dupond achevant de donner à l'ensemble des contours hautement improbables.

Récusant toute forme de naturalisme, Dumont adopte l'outrance comme principe de cinéma, poussant ses comédiens (professionnels comme non professionnels) aux confins du ridicule. C'est drôle un temps -le doigt de wisseki et les aperi-aperi-aperitifs de Fabrice Luchini sont d'ores et déjà cultes-, mais plus sûrement encore assommant, sentiment aggravé par le fait que le réalisateur n'a, au bout du compte, pas grand-chose à dire. Encore qu'il y mette les formes, soufflantes par endroits.

DE BRUNO DUMONT. AVEC FABRICE LUCHINI, JULIETTE BINOCHE, BRANDON LAVIEVILLE. 2H02. SORTIE: 08/06.

Dans le Focus du 3 juin, notre interview de Juliette Binoche.

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