[Critique ciné] Le Redoutable, le pastiche à toutes les sauces

13/09/17 à 16:12 - Mise à jour à 21:31
Du Le Vif Focus du 15/09/17

COMÉDIE | Michel Hazanavicius (OSS 117, The Artist) revient à un genre qui lui a souri par le passé: la comédie.

[Critique ciné] Le Redoutable, le pastiche à toutes les sauces

Échaudé, sans doute, par l'échec de The Search, drame de guerre fraîchement accueilli en compétition à Cannes et un peu partout dans la foulée, Michel Hazanavicius revient avec Le Redoutable à un genre lui ayant souri par le passé, la comédie. Inspiré de l'ouvrage Un an après, d'Anne Wiasemsky, le film gravite autour de la personnalité de Jean-Luc Godard circa 1967, au moment où, fraîchement marié à la petite-fille de François Mauriac, le cinéaste du Mépris entame une révolution tant personnelle qu'artistique, embrassant les idéaux maoïstes et fondant avec Jean-Pierre Gorin le Groupe Dziga Vertov... Circonstances n'étant pas sans effets pour son entourage et prenant, devant la caméra du réalisateur de The Artist, la forme d'une succession de vignettes pop à l'intérêt inégal sinon discutable. La caricature n'est guère éloignée en effet, et si Louis Garrel adopte des intonations plus vraies que nature de JLG, ce dernier apparaît, pour l'essentiel, comme un bouffon fat et méprisant, tandis qu'Anne Wiasemsky (interprétée par une Stacy Martin guère farouche) se voit réduite à l'état de potiche. S'il épingle les contradictions de Godard -c'était bien le moins-, le film ne fait cependant jamais que les effleurer, tout comme il se borne à esquisser un questionnement sur la création (cristallisé dans une belle scène l'opposant à Marco Ferreri). Au final, s'il parvient à restituer l'esprit caustique de l'artiste, tout en recelant quelques moments fort drôles, Le Redoutable apporte surtout la démonstration par l'absurde que le pastiche ne peut être mis à toutes les sauces.

De Michel Hazanavicius. Avec Louis Garrel, Stacy Martin, Bérénice Bejo. 1h47. Sortie: 13/09. **

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