[Critique ciné] Lacrau, original en diable

07/12/16 à 13:30 - Mise à jour à 08/12/16 à 14:44

Source: Focus Vif

DOCUMENTAIRE/EXPÉRIMENTAL | Le cinéma portugais nous offre un nouvel objet filmé non identifié sous la forme de ce Lacrau plein de séduisants mystères et d'images troublantes.

[Critique ciné] Lacrau, original en diable

João Vladimiro nous y fait quitter la ville pour aller vers le nord rural, sauvage, aux rituels ancestraux liant Homme et nature d'organique façon. Le cinéaste prend le temps de poser son regard, de faire durer ses plans jusqu'à la fascination, par-delà l'ennui, percevant les secrets d'un paysage comme purent le faire avant lui un Werner Herzog, un Andreï Tarkovski ou un Friedrich Wilhelm Murnau. Lacrau est muet, l'absence de paroles affranchissant de toute interprétation préconçue. Nous sommes dans un documentaire mais c'est un poème qui s'écrit sur une pellicule hantée. Le mysticisme affleure en même temps que le grain de l'image se met à vibrer. Certes, l'opacité d'un film conservant ses secrets peut en rendre la vision par endroits ingrate. Mais tant de beautés sont ici réunies, qui font du film une authentique aventure! Le premier long métrage de João Vladimiro, Jardim, célébrait déjà la nature au coeur de l'espace végétal entourant la célèbre Fondation Gulbenkian à Lisbonne. Son second nous emmène au coeur d'un pays profond aux traditions souvent rudes, que la caméra explore sans poser de jugement. La quête existentielle ne cesse d'y être énigme. C'est parfois proprement vertigineux! Après Miguel Gomes (Tabou, Les Mille et Une Nuits) et João César Monteiro (Souvenirs de la maison jaune, La Comédie de Dieu), le Portugal nous révèle un nouvel auteur en marge, rebelle aux conventions, original en diable!

DE JOÃO VLADIMIRO. 1H39. SORTIE: 03/12. ****

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