Critique ciné: La Crème de la crème

08/04/14 à 14:20 - Mise à jour à 16:42

Source: Focus Vif

COMÉDIE DRAMATIQUE | Troisième long métrage de Kim Chapiron (Sheitan, Dog Pound), La Crème de la crème investit une business school française de haut vol, le genre à s'autoproclamer vivier à élites de demain.

Critique ciné: La Crème de la crème

La Crème de la crème © Jean-Claude Moireau

Le cursus est toutefois assez vague, où le réseau tient lieu, selon toute apparence, de vertu cardinale, le cynisme et l'absence de scrupules venant en option. Préceptes parfaitement assimilés par Dan, Kelliah et Louis, trois étudiants issus d'horizons divers, qui vont s'associer pour adapter les lois du marché aux relations entre garçons et filles. De la recherche appliquée sur les mécanismes de la finance au proxénétisme, il n'y aura bientôt qu'un pas, franchi d'autant plus aisément que le trio va trouver dans les innombrables soirées meublant le quotidien estudiantin un terrain d'expérimentation tout désigné...

S'appuyant sur un concept pas inintéressant, le film de Chapiron réussit à intriguer le temps de poser les bases de son propos, tout en déflorant le microcosme lui servant de cadre. Et d'esquisser, chemin faisant, le portrait de la génération Y en proie à une profonde misère affective. Son principe posé, La Crème de la crème s'essouffle pourtant rapidement. Passe encore pour une mise en scène moyennement inspirée, et des atteintes au bon goût dont on suppose qu'elles sont raccord avec l'univers dépeint (mais Michel Sardou, vraiment?); l'accumulation de clichés fait toutefois que l'on reste globalement indifférent aux évolutions des différents protagonistes, et imperméable à leurs motivations ou éventuels états d'âme. Ainsi dénué de chair, ce teenage movie se dévide mollement. Plutôt insignifiant en dépit de son programme grinçant...

  • DE KIM CHAPIRON. AVEC THOMAS BLUMENTHAL, ALICE ISAAZ, JEAN-BAPTISTE LAFARGE. 1H30. SORTIE: 02/04.

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