[Critique ciné] L'Insulte, l'engrenage infernal

23/01/18 à 16:57 - Mise à jour à 16:57
Du Le Vif Focus du 18/01/18

DRAME | Porté par les excellents Adel Karam et Kamel El Basha, ce crescendo plongeant dans la mémoire collective du Liban démonte l'engrenage de la haine avec l'efficacité d'un thriller. Fort.

[Critique ciné] L'Insulte, l'engrenage infernal

Tout commence par un incident en apparence anodin survenant dans une ruelle de Beyrouth: alors qu'un homme arrose ses plantes sur son balcon, de l'eau s'écoule sur le contremaître du chantier en contrebas. Les choses pourraient en rester là, mais le premier, Toni, est un chrétien libanais, tandis que le second, Yasser, est un réfugié palestinien. Et l'étincelle suffit à rouvrir les blessures de la guerre civile, terminée en 1990, pour dégénérer en une escalade verbale et bientôt physique qui les conduit devant un tribunal, tout en ravivant le feu du ressentiment entre leurs deux communautés, jusqu'à menacer d'embraser la ville et le pays tout entier... Après avoir adapté L'Attentat de Yasmina Khadra, Ziad Doueiri s'est inspiré de son expérience personnelle pour écrire L'Insulte. Optant pour la forme d'un film de procès, le réalisateur n'échappe pas à un certain schématisme. Porté par les excellents Adel Karam et Kamel El Basha (ce dernier d'ailleurs récompensé à Venise), ce crescendo plongeant dans la mémoire collective du Liban démonte néanmoins l'engrenage de la haine avec l'efficacité d'un thriller, non sans ouvrir le champ à une possible réconciliation. Fort.

De Ziad Doueiri. Avec Adel Karam, Kamel El Basha, Rita Hayek. 1h52. Sortie: 24/01. ****

>> Lire également notre interview de Ziad Doueiri.

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