Critique ciné: Ida

11/02/14 à 15:23 - Mise à jour à 13/02/14 à 10:49

Source: Focus Vif

DRAME | Pawel Pawlikowski inscrit dans la Pologne de l'orée des années 60 le portrait sensible d'une jeune novice s'ouvrant sur le monde à la veille de prononcer ses voeux. Un film de toute beauté.

Critique ciné: Ida

Ida © DR

Après avoir inscrit ses films dans le paysage anglais (Last Resort, My Summer of Love) puis parisien (La femme du Ve, d'après Douglas Kennedy), Pawel Pawlikowski retrouve la Pologne pour Ida, un drame intim(ist)e habillant d'un superbe noir et blanc les années de plomb. Situé à l'orée des sixties, ce récit à deux voix débute lorsque, à la veille de prononcer ses voeux, Anna (Agata Trzebuchowska, formidable révélation), une jeune orpheline, est invitée par la Mère supérieure du couvent l'ayant recueillie à rendre visite à une tante dont elle ignorait jusqu'à l'existence. La rencontre avec Wanda (Agata Kulesza, magnifique), une juge communiste doublée d'une excentrique à la vie passablement dissolue, va produire des étincelles, leurs échanges lui entrouvrant les portes d'un passé familial soigneusement enfoui dans les replis de l'Histoire polonaise contemporaine.

Pawel Pawlikowski trouve là pour sa part la matière à un film d'une exceptionnelle densité, associant richesse humaine et mémoire critique. S'il questionne l'Histoire, religieuse ou politique, le réalisateur n'y sacrifie pas pour autant ses personnages, dont la relation, paradoxale, est le coeur même d'un film aux nuances subtiles. L'oeuvre, du reste, opère en finesse comme en profondeur, dont l'apparente froideur dévoile bientôt une étonnante sensualité. Et qui, pour apparaître sobre jusqu'à la sécheresse -sentiment encore renforcé par son cadre 4:3 ramenant l'écran à l'essentiel- se révèle pourtant foisonnante, jusqu'à libérer une pure et troublante émotion. Un petit bijou.

  • DE PAWEL PAWLIKOWSKI. AVEC AGATA TRZEBUCHOWSKA, AGATA KULESZA, DAWID OGRODNIK. 1H20. SORTIE: 12/02.

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