Critique ciné: Gett (Le Procès de Viviane Amsalem), un maître film

09/09/14 à 14:03 - Mise à jour à 14:03

Source: Focus

DRAME | Ronit et Shlomi Elkabetz signent un huis clos judiciaire passionnant.

Critique ciné: Gett (Le Procès de Viviane Amsalem), un maître film

Gett (Le Procès de Viviane Amsalem) © DR

Avec Gett, le duo de réalisateurs israéliens Shlomi et Ronit Elkabetz (interviewés dans Focus du 29/08), frère et soeur à la ville, apportent la touche finale à une trilogie entamée il y a tout juste dix ans avec Prendre femme, qu'allait suivre Les Sept Jours. Au coeur du propos, la place de la femme dans la société israélienne, envisagée à travers le destin de Viviane Amsalem (Ronit Elkabetz, magnifique), que l'on retrouve engagée dans une procédure de séparation se traînant en longueur. Voilà trois ans en effet qu'elle demande un divorce que son mari, Elisha (Simon Abkarian), refuse de lui accorder. Une circonstance suffisante pour empêcher sa femme d'obtenir gain de cause suivant la loi en vigueur en Israël, où ces questions sont jugées devant un tribunal rabbinique. Fermement décidée à recouvrer sa liberté, Viviane ne renonce pas pour autant, les audiences se succédant au fil des mois, en un théâtre de l'absurde, tragique et drôle à la fois, où, si l'on parle beaucoup, l'on semble ne jamais devoir traiter de la requête initiale...

Au départ de cette matière austère, Ronit et Shlomi Elkabetz signent un huis clos judiciaire passionnant. Si la caméra, virtuose, ne quitte jamais la petite salle du tribunal religieux, les enjeux de la joute qui s'y déroule en débordent largement le cadre, Gett s'invitant au coeur même d'une société israélienne écartelée entre modernité et archaïsmes, pour brosser avec finesse le tableau saisissant de la condition de la femme. Un maître film...

  • DE RONIT ET SHLOMI ELKABETZ. AVEC RONIT ELKABETZ, SIMON ABKARIAN, MENASHE MOY. 1H55. SORTIE: 10/09.

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