Critique ciné: Fury, l'art de la guerre

21/10/14 à 14:02 - Mise à jour à 14:46

Source: Focus

FILM DE GUERRE | Allemagne, avril 1945. A l'attention de la recrue à peine pubère (Logan Lerman) qu'on lui impose en remplacement d'un de ses hommes fraîchement tué au combat, le sergent Wardaddy (Brad Pitt) a cette formule de bienvenue, laconique: "Ne t'attache à personne."

Critique ciné: Fury, l'art de la guerre

Brad Pitt dans le film Fury. © DR

Et c'est rien de le dire, en effet, tant les 24 heures qui suivent vont confronter les deux soldats, lancés en compagnie de leurs trois co-équipiers dans une mission suicide derrière les lignes ennemies à bord d'un char de combat US, à la brutalité et à la dinguerie d'un conflit d'autant plus irrationnel qu'il touche à sa fin...

Capable d'une vraie complexité -une scène de repas inconfortable et malsaine-, impressionnant et même admirable dans son approche immersive des combats, le film, cruel, brutal voire carrément gore par endroits, ne s'en montre pas moins régulièrement complaisant, et ténébreux jusqu'à la pose, dans sa figuration de la noirceur de la guerre et des hommes. David Ayer et ses personnages assénant leurs grandes vérités sur la chose militaire -"Les idéaux sont pacifiques, l'Histoire est violente"- avec un paternalisme saoulant, tout au long d'un film qui cultive les paradoxes jusqu'à l'absurde: à la fois frontal et esthétisant, réaliste et too much, nuancé et caricatural, dur et violoneux -une bande-son envahissante au possible. Résolument plus noble dans ses intentions que dans leur concrétisation à l'écran, Fury ne cesse ainsi de souffler le chaud et le froid, jusqu'à un final héroïque où plane carrément l'ombre de l'Agence tous risques en mode crépusculaire.

  • DE DAVID AYER. AVEC BRAD PITT, LOGAN LERMAN, SHIA LABEOUF. 2 H 15. SORTIE: 22/10.

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