Critique ciné: Fruitvale Station

14/01/14 à 12:56 - Mise à jour à 16:05

Source: Focus Vif

DRAME | Premier long métrage de l'Américain Ryan Coogler, Fruitvale Station nous arrive bardé de distinctions, glanées de Cannes en Sundance, en plus de l'adoubement d'un Forest Whitaker ayant revêtu, pour le coup, les habits de producteur.

Critique ciné: Fruitvale Station

Fruitvale Station © DR

Inspiré d'une histoire vraie, le film revient sur le destin funeste d'Oscar Grant, Afro-Américain de 22 ans abattu par un policier dans le métro de San Francisco à la suite d'un contrôle ayant dégénéré, la nuit du réveillon 2009. Au départ de ce fait divers, reconstitué dans sa tragique confusion, le réalisateur entreprend de remonter le fil de la vie de la victime les 24 heures ayant précédé la bavure. Et de dresser le portrait d'un jeune homme au passé trouble de dealer, mais non moins fermement engagé sur la voie de la rédemption. De quoi, en tout état de cause, susciter l'empathie pour Grant (intensément incarné par l'excellent Michael B. Jordan), assortie, c'est bien le moins, d'un juste élan d'indignation. Emporté par sa fougue et la noblesse de ses intentions, Coogler n'évite pas l'écueil de la simplification excessive. La naïveté du procédé prêterait même à sourire si l'injustice dénoncée n'était aussi manifeste; quant à la sincérité du réalisateur, elle n'apparaît guère contestable. Au bout du compte, et s'il donne parfois l'impression d'enfoncer des portes ouvertes, Fruitvale Station n'en produit pas moins une impression durable: maladresses incluses, c'est là un premier film nerveux et fort, dont l'on regrettera simplement que l'épaisseur du trait ne finisse par en atténuer paradoxalement la portée.

  • DE RYAN COOGLER. AVEC MICHAEL B. JORDAN, MELONIE DIAZ. 1H25. SORTIE: 15/01.

En savoir plus sur:

Nos partenaires