[Critique ciné] Diamant noir, une dimension quasi mythologique

07/06/16 à 14:31 - Mise à jour à 14:31

Source: Focus Vif

DRAME | Relecture noire et contemporaine du Hamlet de Shakespeare, le premier long métrage d'Arthur Harari n'évite pas toujours les clichés sur un microcosme déchiré entre tradition et modernité.

[Critique ciné] Diamant noir, une dimension quasi mythologique

Niels Schneider dans Diamant noir d'Arthur Harari © DR

Le film est dédié à la mémoire d'Abdel Hafed Benotman, braqueur multirécidiviste parisien, né de parents algériens, doublé d'un écrivain-acteur au dandysme solaire. Décédé faute de soins peu après le tournage de ce Diamant noir, il y épate de bout en bout en mentor bienveillant du héros, un jeune aigrefin (Niels Schneider, le Franco-Canadien révélé par Xavier Dolan) résolu à causer la perte de sa propre famille. Noyautée autour du destin peu banal de ce garçon instable hanté par la mort de son père, l'intrigue tend vers une dimension quasi mythologique, ce récit retors d'arnaque et de vengeance situé dans le milieu très codé des diamantaires convoquant la fameuse légende anversoise de la main coupée. Relecture noire et contemporaine du Hamlet de Shakespeare, le premier long métrage d'Arthur Harari n'évite pas toujours les clichés sur un microcosme déchiré entre tradition et modernité mais travaille intelligemment le motif de l'oeil, et la symbolique du diamant fonctionne bien pour dire la vérité plurielle d'un personnage dont l'aveuglement "icarien" participe aussi du charisme. On pense parfois au Jacques Audiard de Sur mes lèvres, malgré un usage insistant, et particulièrement maladroit, du zoom et du gros plan.

D'ARTHUR HARARI. AVEC NIELS SCHNEIDER, AUGUST DIEHL, HANS PETER CLOOS. 1H55. SORTIE: 08/06.

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