Critique ciné: August: Osage County

24/03/14 à 15:25 - Mise à jour à 15:35

Source: Focus Vif

DRAME | Voici donc l'improbable rejeton d'une approche très hollywoodienne du drame familial et de l'esprit sauvage soufflant sur un film européen aussi radical que put l'être le Festen de Thomas Vinterberg!

Critique ciné: August: Osage County

August: osage county © DR

Voici donc l'improbable rejeton d'une approche très hollywoodienne du drame familial et de l'esprit sauvage soufflant sur un film européen aussi radical que put l'être le Festen de Thomas Vinterberg! Trois filles s'y retrouvent, suite à la disparition de leur père, dans une maison familiale où vit encore leur mère. Les circonstances solennelles et les embrassades convenues ne pourront qu'un temps retenir les secrets qui ne demandent qu'à se révéler brutalement, les frustrations qui exigent de se soulager, les douleurs enfouies dont la plaie mal cicatrisée ne saurait longtemps tenir encore. Et l'enfer de se déchaîner dans le cadre cosy de la demeure qui vit grandir Barbara (Julia Roberts), Ivy (Julianne Nicholson) et Karen (Juliette Lewis)... Ses origines théâtrales peuvent bien apparaître, Tracy Letts ayant adapté lui-même sa pièce à grand succès public et critique, elles n'empêchent pas le drame de prendre chair, la souffrance et la colère de prendre corps. John Wells, qui réalisa le remarquable The Company Men sur les dérives de la haute finance, a la caméra modeste mais efficace. Il laisse le champ libre à des interprètes au sommet de leur art, Meryl Streep évidemment en mère tutoyant la folie et la méchanceté, mais aussi Chris Cooper et bien sûr les trois actrices déjà citées. La suite de basculements, l'effritement d'une façade fragile, la découverte d'un noeud de vipères, nous prennent progressivement à la gorge. Et le spectacle qu'on imaginait devoir être sentimental, convenu, devient rugueux et captivant, jusqu'au bout.

  • DE JOHN WELLS. AVEC MERYL STREEP, JULIA ROBERTS, EWAN MCGREGOR. 2 H 01. SORTIE: 26/03.

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