Critique ciné: 2 automnes, 3 hivers

06/05/14 à 14:54 - Mise à jour à 14:54

Source: Focus Vif

COMÉDIE | Avec ce compte de cinq saisons, c'est à la radiographie d'une relation amoureuse, doublée de l'exploration de la crise de la trentaine, que s'attèle Sébastien Betbeder.

Critique ciné: 2 automnes, 3 hivers

2 automnes, 3 hivers © DR

A sujet plutôt convenu, manière inédite cependant, le récit adoptant une articulation sinueuse, se rapprochant du cadavre exquis (ou de la kyrielle syllabique) dans sa narration, tandis que la mise en scène fait, pour sa part, flèche de tout bois. Soit donc l'histoire d'Arman, 33 ans et la volonté de changer de vie, disposition le conduisant à s'essayer au jogging. Petite cause, grands effets: un tour de parc plus loin, et voilà son existence bouleversée, en effet, conséquence d'un choc frontal avec Amélie, collision le laissant suspendu à son désir de la revoir.

La suite va explorer les hauts et les bas de cette relation balbutiante suivant une mécanique aussi rigoureuse que jubilatoire. Si le film de Betbeder, révélé en 2012 par Les Nuits avec Théodore, affiche bien haut son dispositif et son découpage en deux parties symétriques, la matière, elle, s'apparente à un puzzle fascinant, glissant d'une humeur à l'autre par son jeu stimulant d'associations d'idées, que soutient un patchwork formel audacieux. Mais s'il y a là l'évidence d'une tentation maniériste, le tour de force de Betbeder est d'arriver, par-delà les digressions astucieuses, références nombreuses, et une causticité revendiquée, à trouver une justesse dépassant le seul trait générationnel. Mieux même, porté par un Vincent Macaigne tout simplement irrésistible, ce film, d'apparence modeste, se révèle assez formidable, jusqu'à dispenser, tout en distanciation assumée, drôlerie mais aussi émotion vraie. Un auteur à suivre.

  • DE SÉBASTIEN BETBEDER. AVEC VINCENT MACAIGNE, MAUD WYLER, BASTIEN BOUILLON. 1H31. SORTIE: 07/05.

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