Cinq raisons d'aller à Cannes, ou pas

12/05/11 à 12:14 - Mise à jour à 12:13

La 64e édition du Festival de Cannes a ouvert ses portes hier soir avec le dernier Woody Allen. Mais franchement, Cannes, ça vaut vraiment le coup? Voici 10 bonnes raisons d'y aller, ou de s'enfuir!

Cinq raisons d'aller à Cannes, ou pas

© ImageGlobe

On y va...

1. Parce que Terrence Malick est en compétition
On l'a attendu un an, il arrive enfin en compétition. Le réalisateur le plus secret de la planète va sûrement diviser la Croisette avec The Tree of Life, film expérimental et envoûtant. Mais on ne peut que fêter le retour de ce génie du cinéma, 33 ans après Les moissons du ciel, prix de la mise en scène.

2. Parce que c'est le paradis des cinéphiles
Pour tout être cinéphile normalement constitué (et accrédité), Cannes est la terre promise. Une centaine de films dans les différentes sections (sans compter les centaines d'autres présentés au Marché du film), des projections continues de 8h30 à 00h30, des films que vous ne verrez jamais ailleurs, des découvertes, des coups de coeur et des coups de gueule. Une overdose de cinema.

3. Parce qu'on retrouve cette année...
Jodie Foster, Nicolas Winding Refn, Nanni Moretti, les Dardenne, Takashi Miike, Almodovar, Kaurismaki, Lars Von Trier, Radu Mihaileanu, Paolo Sorrentino, etc... CQFD

4. Parce qu'il y a la meilleure salle de cinema au monde
Saint des saints, ce lieu emblématique du Festival est finalement peu médiatisé. Et pourtant! Située en haut des fameuses marches, cette salle de presque 3000 places est un bijou de technologie. La projection numérique y est sans doute la meilleure et l'écran de 23 mètres de base est le plus grand d'Europe... Un écrin magnifique.

5. Parce que c'est Cannes
Il y a ce charme indéfinissable de Cannes, ses plages transformées en bourse de nuit, sa rue d'Antibes où les Cannois et les festivaliers se croisent sans jamais se parler, ses croque-monsieurs à 30 euros pièce... Mais aussi son charme indéfectible du sud, la mer, le soleil, le port, le Suquet... Un (cher) moment de douceur dans un Festival de brutes.

On n'y va pas...

1. Parce que Woody Allen s'y répète
Après les cartes postales de Londres (Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu) et de Barcelone (Vicky Cristina Barcelona...), Woody Allen la rejoue Guide du routard avec Minuit à Paris. Fidèle de la Croisette, il n'a pourtant pas projeté de bon film a Cannes depuis très longtemps (La rose pourpre du Caire pour les puristes, Match Point pour les autres).

2. Parce qu'il y a des films de Cannes fait pour Cannes
Certains auteurs ne s'y trompent pas. Ils règlent le métronome de leurs tournages pour être sûrs de pouvoir présenter leur film à Thierry Fremaux ou aux sélections parallèles entre mars et avril. Des films d'auteurs ou intellos, expérimentaux ou transgressifs, réussis ou pas, mais qui intègrent toutes les règles (sujets, acteurs, tonalité) pour faire plaisir à la presse intello. Un cinema de festival, rarement novateur.

3. Parce que même Lady Gaga est là
L'icône actuelle s'est pointée quelques heures sur la Croisette pour faire son cinéma et singer Madonna au Grand Journal de Canal+. Mais qu'est ce que cette tournée promo (budget: 400.000 euros) a à voir avec le cinema? Ce sera pourtant L'ÉVÉNEMENT médiatique de la semaine. Janet Jackson, elle, a au moins une raison de venir (la soirée Amfar pour récolter des fonds sur la lutte contre le SIDA).

4. Parce que le festival vit en autarcie
L'anecdote est réelle et vécue. L'année de la prise d'otages de maternelle de Neuilly, Cannes a mis 48 heures à se mettre au parfum. Pendant 12 jours, les 40.000 professionnels présents décrochent complètement de ce qui se passe dans le reste du monde. Les deux phrases les plus prononcées à Cannes sont d'un autre ordre: "Alors c'est quoi ta Palme?" et l'indémodable: "On se fait un dej' en rentrant à Paris?"

5. Parce que cela dure 15 jours
Vous nous croirez ou non mais Cannes pour ceux qui y travaillent est un marathon. Deux semaines de boulot sans pause week-end, le soleil qui vous nargue à la fenêtre du bureau, sandwich et pas de plage par manque de temps. Et les derniers jours, une incompressible envie de retrouver son canapé et sa télécommande. La vraie vie, quoi...

Fabrice Leclerc

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