Cannes: Sofia Coppola réinventée

24/05/17 à 19:11 - Mise à jour à 19:10

On n'attendait guère Sofia Coppola sur le terrain du remake, a fortiori de The Beguiled (Les proies), déjà adapté en 1971 par Don Siegel du roman de Thomas Cullinan, avec Clint Eastwood dans le rôle central.

Cannes: Sofia Coppola réinventée

Kirsten Dunst, Sofia Coppola, Colin Farrell, Nicole Kidman et Elle Fanning, à Cannes pour présenter The Beguiled. © REUTERS/Régis Duvignau

C'est à Colin Farrell, également de l'épatant The Killing of a Sacred Deer, de Yorgos Lanthimos, qu'il incombe de lui succéder dans le rôle de John McBurney, caporal nordiste recueilli, en pleine guerre de Sécession, dans un pensionnat de jeunes filles coupé du monde, au fin fond de la Virginie. Et un étrange ballet féminin conduit par la maîtresse des lieux, Martha Farnsworth (Nicole Kidman), de s'orchestrer autour du soldat convalescent.

Si son film soutient la comparaison avec celui de Don Siegel, c'est parce que Sofia Coppola, tout en assumant son héritage - jusqu'à citer littéralement la scène de la tortue -, s'en écarte aussi sensiblement. Une question de point de vue, et celui adopté par la réalisatrice se focalise sur les occupantes de l'établissement, dont l'existence corsetée va être bousculée par l'intrusion du nouvel arrivant. Traversé de tension sexuelle et de sensualité de moins en moins rentrée, le huis clos qui s'ensuit adopte des courbes vénéneuses qu'habille idéalement la photographie feutrée de Philippe Le Sourd. Et ce drame du Sud de se déployer dans un mélange de trouble et de cruauté auquel Nicole Kidman, mais encore Kirsten Dunst ou Elle Fanning apportent un luxe de raffinement. Après les décevants Somewhere et The Bling Ring, Sofia Coppola aura trouvé dans The Beguiled matière à se réinventer...

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