Cannes, le film du jour: La grande bellezza, de Paolo Sorrentino

22/05/13 à 10:30 - Mise à jour à 10:30

Le réalisateur de Il Divo signe le portrait fascinant d'un écrivain dont le regard détaché sur le monde se charge bientôt de mélancolie. Avec Toni Servillo, époustouflant.

Cannes, le film du jour: La grande bellezza, de Paolo Sorrentino

La grande bellezza: Toni Servillo, Sabrina Ferilli et Paolo Sorrentino © REUTERS

Deux ans après This Must Be the Place, malencontreuse parenthèse anglo-saxonne, La grande bellezza consacre le retour de Paolo Sorrentino en Italie. Le réalisateur de Il Divo y trace le portrait de Jep Gambardella (Toni Servillo, époustouflant), un individu portant beau ses 65 ans, l'auteur d'un unique roman dans une autre vie, désormais journaliste, séducteur patenté et mondain portant un regard apparemment détaché sur sa cour et sur le monde alentour - celui qu'il domine depuis sa terrasse surplombant le Colisée. Et le film de l'accompagner dans son flirt, désabusé et lucide, avec la vacuité et le néant.

Le cinéma est notamment affaire de style, et celui de Sorrentino est volontiers pompier. La grande bellezza ne fait pas exception à la règle, semblant dans un premier temps ployer sous la charge du (grand) spectacle baroque mis en scène par le réalisateur. Insensiblement, l'impression de barnum - fut-il fulgurant - cède la place à un autre sentiment: avec ce film, l'auteur ne fait pas seulement le portrait acéré de l'Italie contemporaine, il dessine aussi celui, sensible, d'un homme que son parcours conduit inévitablement à la mélancolie. Laquelle trouve ici une expression particulièrement affutée, irriguant le propos en finesse par-delà le clinquant affiché, jusqu'à remuer le spectateur en profondeur.

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