Cannes, le film du jour (3): A Touch of Sin, de Jia Zhangke

17/05/13 à 14:34 - Mise à jour à 15:08

Le nouveau film du réalisateur de The World et Still Life, présenté en compétition, s'inscrit dans la continuité de l'oeuvre du Chinois mais surprend par son style.

Cannes, le film du jour (3): A Touch of Sin, de Jia Zhangke

L'équipe de A Touch of Sin: Joan Chen, Zhao Tao et Jia Zhangke. © REUTERS

Révélé il y a une quinzaine d'années par Xiao Wu, artisan pickpocket, Jia Zhangke s'est imposé, au gré des Platform, The World ou autre Still Life, comme l'observateur privilégié et particulièrement inspiré des mutations de la Chine, tant physiques qu'économiques ou humaines. Il n'en va pas autrement de A Touch of Sin, présenté en compétition, qui s'inscrit dans la continuité de son oeuvre encore que le film surprenne par son style. Le cinéaste y enchâsse les destins de quatre personnages afin de dresser un portrait éclaté de la Chine contemporaine, une société au développement économique brutal et gangrénée par la violence. Cette dernière étant même le thème central du film, A Touch of Sin prend un tour parfois étonnant dans le chef de son auteur.

Le premier segment du film, par exemple, qui voit un mineur exaspéré par la corruption des dirigeants de son village décider de prendre les choses en main de manière radicale, lorgne vers le film d'action ; un autre, où l'hôtesse d'accueil d'un sauna est harcelée par un client, emprunte aux codes du film d'arts martiaux. Le tout, inscrit dans un mouvement plus ample, scandé de respirations d'une mélancolique et souveraine beauté. Cohérent dans sa démarche, Jia Zhangke réussit ainsi à se renouveler. Et son film, qui traduit une conscience inquiète autant qu'aiguisée, de s'avérer en tous points fascinant...

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