Bertrand Bonello: "Je ne voulais pas créer de pont avec l'État islamique"

06/09/16 à 11:41 - Mise à jour à 11:41

Source: Focus Vif

Dans Nocturama, Bertrand Bonello suit un groupe de jeunes d'horizons divers commettant des attentats simultanés dans Paris, transcendant le réel par la force de la fiction pour liver un film vertigineux...

Peu de films, sans doute, ont suscité autant de curiosité, d'attentes aussi, que Nocturama, le septième long métrage de Bertrand Bonello. Le réalisateur de Saint Laurent y met en scène un groupe de jeunes gens d'horizons divers, s'en prenant à différents lieux symboliques de Paris -place de la Bourse, ministère de l'Intérieur, statue de Jeanne d'Arc, siège d'une multinationale- en une série d'attentats simultanés. Le parallèle avec l'actualité semble criant, la réalité est toutefois plus complexe -après tout, ce sujet, le cinéaste parisien s'y attelait il y a six ans déjà, en marge de L'Apollonide. "La genèse, c'est un mélange de plusieurs choses, de plusieurs intuitions ou de désirs, commence-t-il, alors qu'on le retrouve dans les bureaux de Wild Bunch, dans le 9e arrondissement. Pendant L'Apollonide, l'un de ces désirs était de revenir au contemporain. Et en pensant contemporain, mon premier ressenti a été ce sentiment d'étouffement, cette vision d'explosions. C'était mon ressenti à ce moment-là, peut-être juste dû au fait de vivre à Paris, une ville avec un climat de tension permanente où que l'on aille, quand on va au café, qu'on ouvre un journal, qu'on prend le métro. En même temps, il y avait une envie un peu formelle de traiter ce climat non pas par un discours, mais par un film d'action. Et puis, la structure s'est mise en place, ces deux parties, extérieure et intérieure, cette mobilité et cette immobilité. Très vite, j'ai eu le film sur une feuille A4."
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