Ben Wheatley: "Je reste fasciné par la folie d'un Transformers"

06/07/16 à 10:43 - Mise à jour à 10:42

Source: Focus Vif

Avec son adaptation féroce du High-Rise de J.G. Ballard, Ben Wheatley, le réalisateur déjà culte de Kill List et A Field in England, sème le chaos debout dans une tour infernale. L'ovni sale et malade de l'été.

Il appartient à cette espèce rarissime de réalisateurs à leur aise quel que soit le terrain et capables de tout -le plus souvent du meilleur, d'ailleurs. Qu'il investisse le huis clos psychologique et criminel (Down Terrace, 2009), le drame familial et horrifique (Kill List, 2011), la comédie noire et sociale (Sightseers, 2012) ou le film en costumes expérimental et halluciné (A Field in England, 2013), Ben Wheatley sidère autant qu'il amuse la galerie, redéfinissant sur un mode tantôt cérébral tantôt purement sensoriel les codes et contours d'une cinéphilie qu'il a résolument dévorante. Pour être tout à fait honnête, on ne voit guère à l'horizon d'autre prétendant que ce quadra geek et rondouillard au trône d'un cinéma total, audacieux, visionnaire, voire carrément mégalo, laissé vacant un triste soir de mars 1999 par sa majesté Stanley Kubrick. Et tant pis si la comparaison peut sembler, à ce stade de son parcours en tout cas, quelque peu forcée. A tout le moins est-il assurément aujourd'hui la voix la plus puissamment singulière du 7e art britannique, quelque part entre un certain réalisme social cher à Ken Loach ou Mike Leigh et une tradition de cinéma de genre exigeante et barrée façon Ken Russell, Nicolas Roeg ou John Boorman -sa "sainte-trinité", comme il aime à le dire. Ajoutez à cela un peu de Peter Watkins, et un amour immodéré pour les comics et la pop culture au sens large, et soyez sûrs de tenir là l'une des figures les plus passionnément libres et inventives de son temps.
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