32e BIFFF, fantastique mais pas trop

08/04/14 à 09:25 - Mise à jour à 09:28

Source: Focus Vif

Pour sa deuxième édition king size à Bozar, le BIFFF engrange des dizaines de films qui tachent interchangeables. Tour d'horizon de quelques perles potentielles, rendez-vous mastoc et autres curiosités zarbis qui surnagent dans le potage...

32e BIFFF, fantastique mais pas trop

Witching and Bitching © DR

Dissidence underground du BIFFF volant aujourd'hui largement de ses propres ailes du désir cinéphile, l'Offscreen Film Festival 7e du nom s'est à peine clôturé que voilà déjà la 32e édition du Brussels International Fantastic Film Festival qui débarque en force, avec plus de 130 films théoriquement à même de satisfaire les amateurs de mauvais genre. Mais si le premier s'est imposé comme le nouveau et hyper stimulant parangon d'un cinéma à la fois déviant et malin, transgressif et taré, le second, qui prend pour la deuxième année ses quartiers à Bozar, donne le sentiment de désormais gentiment ronronner, gavant sa programmation jusqu'à la nausée de productions internationales qui tachent à l'ambition proche du néant absolu. Bref, du petit lait pour le public d'habitués braillards de l'événement, qui n'aime rien tant que resservir les mêmes vieilles blagues faisandées au fil des ans sans trop devoir se creuser.

Zombies nazis et mouche vengeresse

La substantifique moelle du BIFFF, pourtant, est toujours là: elle est à traquer aussi bien du côté des valeurs sûres que des pitchs improbables, voire des invités de marque. Les valeurs sûres, d'abord: à côté des nouveaux films de Terry Gilliam (lire son interview dans le Focus du 4 avril) et de Quentin Dupieux (idem), on pourra ainsi notamment découvrir le Moebius de Kim Ki-duk, Shield of Straw de Takashi Miike, Witching & Bitching de Alex de la Iglesia, Enemy de Denis Villeneuve ou encore le Real de Kiyoshi Kurosawa.

Des noms solides, donc, que viendront aussi compléter les masterclass de Tonino Benacquista et Jean-Pierre Jeunet, un atelier sur les effets spéciaux en présence de Luc Longin -qui a travaillé au sein des studios de George Lucas et de Peter Jackson- ou la venue de l'inénarrable Lloyd Kaufman pour les 40 ans de Troma (The Toxic Avenger, Tromeo and Juliet...).

Et sinon? Sinon, quelques films isolés dont le pitch improbable justifie à lui seul la vision. Le Focus Inde devrait ainsi offrir bien du plaisir: Go Goa Gone est la première comédie zombiesque gore et droguée de l'Histoire de Bollywood, tandis que Eega s'intéresse à un jeune homme réincarné en mouche vengeresse qui fait de la musculation avec des allumettes. On pense aussi et pêle-mêle à Goal of the Dead, film de zombies prenant place dans le milieu du foot hexagonal, à All Cheerleaders Die, où des pom-pom girls ricaines reviennent d'entre les morts pour bouffer tous les crétins machos de leur lycée, à Dead Snow: Red vs. Dead, comédie islando-norvégienne marquant le retour des zombies nazis, ou encore à LFO et son histoire d'un mégalo scandinave découvrant une fréquence sonore à même de manipuler le comportement de ses voisins. Mais la bonne surprise pourrait tout aussi bien venir de Belgique (lire notre encadré). Pour le reste: un peu bof, ce BIFFF...

  • 32e BRUSSELS INTERNATIONAL FANTASTIC FILM FESTIVAL, DU 8 AU 20 AVRIL À BOZAR. WWW.BIFFF.NET

3 questions à Nikolas List

Réalisateur de Tombville, à voir le 11/04 à 18h au BIFFF dans le cadre du 10th Belgian Fantastic Film Day.

32e BIFFF, fantastique mais pas trop

© DR

Ton premier long, Tombville, a été montré à Gérardmer, primé à Athènes et déboule aujourd'hui au BIFFF: Nikolas List, qui es-tu?

Je suis né à Cincinnati, en Ohio. Ma mère vient de San Francisco et mon père de Puebla, au Mexique. Je suis arrivé en Belgique enfant, où j'ai grandi à cheval entre toutes ces cultures. J'ai étudié l'illustration et la musique en humanité, puis l'Histoire du Cinéma à Liège, avant de faire l'IAD en réalisation. Mon court métrage de fin d'études, Ange, a fait le tour du monde des festivals et a attiré le regard d'un producteur canadien... qui a fini par me lâcher. Je me suis donc lancé dans l'auto-production de Tombville, avec 10.000 euros en poche.

Comment pitcherais-tu le film?

C'est l'histoire d'un jeune gars qui se réveille dans une ville plongée dans le noir et n'arrive pas à en sortir. Il ne se rappelle de rien à part de son prénom mais réalise que pour s'extraire de son calvaire, il va devoir fouiller dans ses souvenirs et découvrir ce qui l'a amené là. Les influences vont du Cabinet du Dr. Caligari à Massacre à la tronçonneuse en passant par Buried.

Tu réalises aussi des clips, produis de la musique électro, publies des livres illustrés...

Oui, et ce côté touche-à-tout était la clé pour faire ce film sans dépasser les 10.000 euros. J'ai fait toute la post-production (montage image, montage son, musique, étalonnage, génériques...) sur mon laptop. Je me sens proche de cette nouvelle génération, peut-être une sorte de Nouvelle Vague, qui fait des films d'auteur avec un réflexe numérique. L'argent ne peut en aucun cas être la condition sine qua non pour faire un film.

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