Nicolas Karakatsanis, le sculpteur de lumière

16/03/18 à 16:08 - Mise à jour à 16:08
Du Le Vif Focus du 15/03/18

Alice Gallery accueille la quatrième exposition en solo de Nicolas Karakatsanis. En marge du cinéma, ce génie de la lumière signe des images sublimes.

Au première étage de l'appartement de Nicolas Karakatsanis, Bruxelles semble à portée de main. Pour peu, on pourrait en toucher le ciel gris. Une longue baie vitrée se charge de cultiver cette illusion. Au loin, le regard repère l'architecture roturière de l'église Sainte-Catherine. Retour de l'oeil distrait vers l'intérieur. Un impérial maine coon, alangui sur un meuble de cuisine, toise le nouvel arrivant. Au bout de la pièce, des centaines de vinyles sagement alignés disent la mélomanie compulsive du maître des lieux. Il persiste et signe, dégainant une galette noire "Deutsche Grammophon" qu'il pose sur une platine sophistiquée. Des notes cristallines viennent frapper les murs de la pièce donnant à cette rencontre sa bande-son: le piano de Sviatoslav Richter. L'enchantement musical semble laisser indifférent un grand adolescent nu sous cadre portant la patte de Willy Vanderperre, le photographe de mode flamand. Des livres sur Donald Judd ou Neo Rauch confirment que l'homme qui vit ici est bien cet esthète raffiné que l'on devine. Lui-même affiche d'ailleurs un profil d'icône à la barbe poivre et sel. Impossible de ne pas convoquer mentalement cet autoportrait du Tintoret réalisé aux alentours de 1546 et conservé au Museum of Art. Tout comme le peintre vénitien, le visage de Karakatsanis semble surgir en permanence de l'obscurité et afficher la même détermination.
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