Kandinsky et la Russie s'exposent aux Beaux-Arts

11/03/13 à 17:09 - Mise à jour à 17:08

Du 8 mars au 30 juin, le Musée Royaux des Beaux-Arts de Bruxelles accueille l'exposition "Kandinsky & Russia". Une rétrospective de l'oeuvre du célèbre peintre russe, mêlée au lien profond qui l'unissait à la Russie.

Kandinsky et la Russie s'exposent aux Beaux-Arts

© Russian Museum, St. Petersburg

Cent ans après y avoir été exposée, l'oeuvre de Wassily Kandinsky revient à Bruxelles. En 1913, l'artiste avait présenté ses tableaux à la Galerie Georges Giroux, disparue depuis lors. Aujourd'hui, ce sont les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique qui présentent 150 oeuvres russes, dont une cinquantaines du fondateur de l'art abstrait. Après "Kandinsky : from Russia to Europe" présentée à Pise, Michel Draguet, le directeur des Beaux-arts, présente "Kandinsky and Russia", mettant l'accent sur la profonde influence de la Russie sur son oeuvre.

Un long couloir. Inscrit en blanc sur fond rouge, des dates. C'est ainsi que débute l'exposition, résumant la vie de Kandinsky est en quelques dates clés, de sa naissance en décembre 1866, à sa mort en décembre 1944. Ses épouses, ses grandes oeuvres, ses influences, ses voyages,... Des instruments russes, accordéons et autres tambours empruntés au MIM (Musée des Instruments de Musique de Bruxelles) lui font face, comme pour rappeler l'importance de la musique russe dans la naissance de son art abstrait. Plus loin, en lettres blanches sur fond bleu, s'inscrivent des paroles de Kandinsky "(...) l'atmosphère qui rendra les hommes en général capables de sentir l'esprit des choses de façon inconsciente, ce qui explique le plaisir que prend le public à l'art abstrait". En descendant l'escalier qui mène au coeur même de l'exposition, face à nous se tient Kandinsky. A côté de son imposant portrait, droit et fier, on peut lire "Comprendre, c'est éduquer le spectateur afin de l'amener au niveau de l'artiste. - W. Kandinsky."

La visite guidée commence ici. On reçoit un audioguide pour les adultes, un pour les plus petits... Sans quoi l'exposition ne serait pas complète. Chacun à son rythme, on découvre l'exposition très épurée des travaux du maître de l'abstraction. Au fur et à mesure de la visite, ponctuée de contes russes pour les enfants, on se laisse porter. Entre les gravures à l'encre de chine et les aquarelles, on peut lire son carnet de voyage sur tablette numérique. Tout au long de l'exposition, s'entremêlent les oeuvres de Kandinsky et de ses contemporains, marqués par les traditions russes (Kazimir Malevitch, Mikhail Larionov, Natalia Gontcharova,...). Les tableaux proviennent pour beaucoup du Musée de Saint-Pétersbourg, mais aussi d'Allemagne, de Suisse, et du Centre Pompidou de Paris.

Des liens pronfonds avec la Russie


Entre les oeuvres, on découvre la vie de Kandinsky, à travers les courants littéraires, philosophiques et surtout musicaux qui ont nourri son travail. Au détour d'un tableau, des distaff, métiers à tisser russes, des tenues chamaniques, des jouets, de la vaisselle, des décorations... On saisi l'univers exalté de l'artiste, dans sa relation profonde avec son pays. Né à Moscou, de mère moscovite, l'artiste a étudié en Russie et, bien qu'il ait beaucoup voyagé en Europe, il a puisé dans les contes mystiques et l'univers chamanique de la Russie profonde. Se laissant guider par ce fil rouge, on suit le chemin supposé. 1911 : Kandinsky peint "Tableau avec un cercle". Le tableau sera consacré comme la première oeuvre abstraite de l'Histoire de l'art. S'en suit une série d'Improvisations et de Compositions, dans lesquelles on s'amuse à chercher des éléments figuratifs... Qui ne sont peut-être que le fruit de notre imagination. Au fur et à mesure des années, on suit Kandinsky dans les événements qui ont marqué sa vie et sa peinture. La dernière salle qui clôture l'exposition témoigne de l'acceuil réservé au peintre à son retour en Belgique en 1945.

Depuis vendredi, plus de 3000 personnes ont admiré les oeuvres de Kandinsky aux Musées Royaux des Beaux-Arts. L'exposition espère attirer 100 000 visiteurs d'ici le 30 juin.

Adèle Dachy

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