Expo American Folk Art: des oeuvres vivantes

27/02/15 à 16:04 - Mise à jour à 16:04

Du 25 février au 24 mai se tient l'exposition "American Folk Art" au musée Art & Marges de Bruxelles. Le collectionneur Jean-Michel Chesné propose un éclairage sur une forme artistique populaire et brute: le folk art.

Expo American Folk Art: des oeuvres vivantes

Il s'est mis à la peinture après le décès de sa femme. Il passera par la scuplture, la musique, le dessin. © Shields Landon Jones

Jean-Michel Chesné est un collectionneur passionné par l'art brut. C'est à travers des rencontres avec des artistes américains et des voyages dans le "Deep South", qu'il découvre le Folk Art à la fin des années 90. Une passion qui donne lieu presque 20 ans plus tard à l'exposition "American Art Folk". Le musée Art & Marges, friand des expressions artistiques hors-normes, accueille la collection de Jean-Michel Chesné jusqu'au 24 mai.

"Les frontières ne sont pas établies quand on est dans la marge"

Le folk art, c'est cet art populaire amateur qui sent la poussière des campagnes profondes américaines. Qu'on parle de "Black American Folk Art", qu'il exprime le ressenti du Deep South, ou qu'il soit d'inspiration amérindienne... Les frontières ne sont pas établies quand on est dans la marge. Les représentants du folk art ne sont pas des artistes professionnels, mais l'émotion n'en est que plus forte par un besoin d'expression et une réalisation spontanée. Ces oeuvres vivent, racontent le passé de leurs créateurs: le folk art c'est avant tout l'art du sentiment.

Figure de l'American Folk Art, il s'auto-proclame "meilleur artiste du monde".

Figure de l'American Folk Art, il s'auto-proclame "meilleur artiste du monde". © Richard Burnside

Le collectionneur et artiste Jean-Michel Chesné, qui a réuni avec soin les oeuvres qui composent l'exposition, raconte:

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"Toutes ces histoires sont des histoires difficiles, rurales pour la majorité d'entre elles, qui ont cristallisé une mythologie de l'enfance, du labeur, du quotidien, l'angélique côtoyant le sordide."

Pour exprimer ses histoires, 13 "folk artistes" sont réunis au rez-de-chaussée du musée de la rue Haute: Tim Brown, Richard Burnside, Ted Gordon, Shields Landon Jones, Reuben Aaron Miller, Mister Imagination, Prophet Royal Robertson, Mary Tillman Smith, Henry Speller, Jimmy Lee Sudduth, Mose Tolliver, Inez Walker, Willie White. Ils utilisent les matériaux qu'ils ont sous la main, du bois, des capsules d'eau pétillantes, du métal pour concevoir des peintures et des sculptures spontanées.

Des destins singuliers, des âmes tourmentées

Inez Walker est une folk artiste majeure dans le paysage américain. Ses portraits, présents dans plusieurs ouvrages et expositions de renom, ont marqué le mouvement Black Folk Art avec leur trait particulier. C'est lors de son incarcération dans les années 70 qu'elle commence à gratter le papier, en dessinant notamment les "Bad Girls" de la prison. Repérée par différents galeristes, c'est à sa sortie de prison qu'elle deviendra une icône du folk art. Inez Walker sera envoyée dans un hôpital psychiatrique où elle finira ses jours en 1990.

Elle a débuté ses portraits lors d'un séjour en prison, où elle dessinait les "Bad Girls".

Elle a débuté ses portraits lors d'un séjour en prison, où elle dessinait les "Bad Girls". © Inez Walker

Ted Gordon est aussi un marqueur du style folk art américain. Son style bien reconnaissable est fait de répétitions de formes géométriques qui donnent des portraits compulsifs. Alors qu'il travaillait dans un bureau, Ted Gordon s'amusait à remplir des cahiers de motifs pour combler son ennui. Ce style singulier, résolument symétrique, répétitif, fait de son art une expérience hypnotique et dérangeante.

Les 11 autres folk artistes de l'exposition ont tous une particularité moteur de leur art, de la surdité au vide en passant par la folie rêveuse. Ce qu'il y a de frappant est l'aboutissement d'un style artistique. Tous à leur manière sont reconnaissables, identifiables. Ils ne sont plus de simples amateurs car ils se sont trouvés. Et surtout, leurs oeuvres sont gorgées de sentiments, de vécu, de sincérité. Et c'est avant tout ça l'art: un voyage sensoriel.

Ted Gordon a débuté ses portraits au travail quand il s'nnuyait.

Ted Gordon a débuté ses portraits au travail quand il s'nnuyait. © Ted Gordon

Infos pratiques:

Du 25 février au 24 mai au Musée Art & Marges, rue Haute 312-14, 1000 Bruxelles

www.artetmarges.be

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