En images: "Joyland" de Pierre Ardouvin, formidable créateur d'ambiances

05/12/16 à 16:53 - Mise à jour à 16:53

C'est à une véritable découverte de son oeuvre que l'artiste français nous entraîne à sa suite aux travers des étages de la jeune galerie Uhoda à Liège.

D'emblée le visiteur se trouve confronté à la vue d'un arbre déraciné, comme un vestige d'une tempête hivernale qui aurait échoué au rez-de-chaussée de ce bel hôtel de maître. Le contraste entre ce végétal et le lieu est saisissant et donne le ton de ce qui va suivre.

Ardouvin n'est jamais là où on l'attend, plus précisément jamais à ce que l'on s'attend à voir. Il est non seulement un maître de la juxtaposition d'images et de l'hydridation d'objets en tous genres mais aussi un formidable créateur d'ambiances. Les premières nous donnent ce qu'il appelle des "Ecrans de veille" (à partir de l'assemblage de deux cartes postales aux visuels différents) et les secondes proposent d'étranges assemblages de jouets qu'il transforme en totems, ce qu'il appelle les "Face B". Chacune de ces créations vaut bien entendu pour elle- même, mais leur rassemblement fait sens, contribuant à la creation d'ambiances particulières, telles qu'on les ressent d'un étage à l'autre. Celles-ci sont pour le moins décalées, pour peu que l'on prenne la peine de s'y attarder et d'examiner au plus près les glissements de sens que l'artiste se délecte à distiller dans ses compositions. Au-delà d'une certaine manifestation de l'absurde et de la dérision émane de cet univers fictionnel un regard angoissant autant que nostalgique. Le titre de l'exposition, "Joyland", est emprunté au roman éponyme de Stephen King qui se déroule dans un parc d'attraction. Quelques éléments de l'exposition y font référence, comme ce train fantôme miniature qui tourne en fond sous le regard des "pensées vigiles" de l'artiste. Et c'est bien de cela dont il s'agit ici: rester vigilant face aux images qui nous sont données à voir et dont on se doute bien qu'elles soient des leurres sous leur aspect féerique.

Pierre Ardouvin, "Joyland", Yoko Uhoda Gallery, 25 rue Forgeur, 4000 Liège, jusqu'au 11 décembre 2016. (www.yoko-uhoda-gallery.com).

Du 17 au 21 décembre, la galerie participe à la manifestation "Le jour le plus court" consacrée aux courts métrages d'artistes. Elle vient également d'ouvrir un autre espace à Knokke (Zeedijk).

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